Attractivité de façade et austérité en coulisses : l’État et les collectivités territoriales sacrifient les conditions de travail de ses agents

16 mars 2026 | Actualités

Alors que le gouvernement multiplie les grandes campagnes de communication, à l’image du Forum « Choisir le service public », pour tenter de masquer la crise des vocations, notre Fédération dénonce un double discours inacceptable. On n’attire pas de nouveaux talents avec des salaires gelés, des effectifs sous tension et des droits sociaux amputés.

Les Français ne s’y trompent pas : selon un récent sondage, une écrasante majorité d’entre eux conserve une excellente opinion des agents publics. Pourtant, la reconnaissance de l’État ou des collectivités territoriales, employeurs, se fait toujours attendre. Pire, les annonces budgétaires de ce début d’année confirment une politique de rigueur qui frappe de plein fouet celles et ceux qui font tourner nos services publics au quotidien.

La réalité de la fonction publique en 2026 s’éloigne cruellement des plaquettes sur papier glacé. Les agents subissent une nouvelle « année blanche » salariale, le gouvernement ayant acté l’absence totale de dégel du point d’indice malgré un coût de la vie toujours pesant. À cette stagnation des rémunérations s’ajoutent des coupes brutales et incompréhensibles. Le budget de l’Action Sociale Interministérielle, véritable filet de sécurité pour les personnels les plus fragiles, encaisse ainsi une baisse drastique de 18 %. En parallèle, le projet actuel de refonte des Autorisations Spéciales d’Absence fait planer une menace directe sur la protection des agents face aux aléas de la vie, rognant des acquis sociaux historiques au nom d’une prétendue harmonisation.

Cette équation consistant à faire toujours plus avec moins devient intenable sur le terrain. Il est indécent de parler d’attractivité quand l’exécutif programme simultanément la suppression de 3 000 postes et annonce le non-remplacement d’un agent sur trois partant à la retraite dès l’an prochain. L’épuisement des équipes est une réalité palpable !

Si notre Fédération salue les avancées récentes et nécessaires concernant la santé des femmes au travail et l’allongement du congé pathologique, ces mesures ciblées ne sauraient en aucun cas servir de paravent à une politique d’austérité salariale et structurelle globale.

L’attractivité ne se décrète pas par des slogans, elle se construit par le respect et par des actes tangibles. La Fédération CFTC Fonction Publique engage donc à l’ouverture immédiate de véritables négociations salariales aboutissant au dégel du point d’indice, l’annulation pure et simple des coupes budgétaires frappant l’action sociale, ainsi que l’arrêt définitif des suppressions de postes au profit d’un plan de recrutement massif pour soulager les équipes. Nous appelons l’ensemble des agents à rester mobilisés et à se rapprocher de leurs sections locales pour défendre leurs droits avec détermination.